Aveux sordides des fils dans l'affaire Saint-Michel-sur-Meurthe

Aveux sordides des fils dans l'affaire Saint-Michel-sur-Meurthe

Publié le Vendredi 6 Mars 2026

On en parlait déjà dans le journal de mercredi. Cet après-midi, le procureur de la République d’Épinal a publié un communiqué de presse annonçant la mise en examen de deux fils et de la compagne de l’un d’eux après la disparition d’une femme de 72 ans à Saint-Michel-sur-Meurthe.

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On en parlait dans le journal de mercredi. À Saint-Michel-sur-Meurthe, une femme de 72 ans était portée disparue depuis le 28 janvier dernier. Cet après-midi, le procureur de la République d’Épinal a publié un communiqué de presse sur l’évolution de l’enquête, qui a conduit à la mise en examen de trois proches. 

Une disparition signalée fin janvier 

Le 28 janvier 2026, le maire de Saint-Michel-sur-Meurthe signalait aux services de police de Saint-Dié-des-Vosges l’absence inquiétante de Liliane Coinchelin, 72 ans.

Selon le communiqué, cette habitante de la commune, fragile et se déplaçant difficilement, vivait avec son fils. Le comportement conflictuel de ce dernier causait des difficultés dans le voisinage. 

Une enquête pour disparition inquiétante était immédiatement ouverte par le parquet d’Épinal. Une information judiciaire en recherche de personne disparue était ensuite lancée et confiée au service interdépartemental de police judiciaire de Nancy.

Des soupçons renforcés par les premières investigations

Les enquêteurs relevaient rapidement des incohérences dans les versions des deux fils et de la compagne de l’un d’eux. Tous affirmaient avoir vu Liliane Coinchelin au début de l’année 2026.

Mais les témoins entendus déclaraient, eux, ne plus avoir vu la septuagénaire depuis plusieurs années. Dans le voisinage, certains évoquaient une disparition plus ancienne, remontant à 2022, voire à 2020 selon certains habitants.

La perquisition menée au domicile mettait en évidence une absence totale de vie. Dans le même temps, les comptes bancaires de la victime continuaient à fonctionner. De nombreux prêts auraient été souscrits depuis 2022 par ses fils. 

Une tutelle et plusieurs alertes restées sans suite

L’enquête établissait aussi que Liliane Coinchelin avait été placée sous tutelle par jugement du 27 septembre 2021, à la suite d’une requête du parquet du 26 mai 2021.

La décision était contestée par l’intéressée et ses deux fils. Après une expertise psychiatrique et une audience devant la cour d’appel de Nancy, la mesure était confirmée le 17 juillet 2023. Le rapport d’expertise du 15 mai 2023 concluait à la nécessité d’une mesure de protection. Il soulignait aussi des interactions jugées problématiques avec le fils vivant avec elle.

Le pourvoi en cassation formé par les deux fils était rejeté le 20 novembre 2025. 

Plusieurs courriers d’alerte étaient ensuite adressés. Le frère de Liliane Coinchelin faisait part de ses inquiétudes au tuteur le 7 février 2025. L’ATV en charge de la tutelle signalait aussi au juge des tutelles, le 25 juillet 2025, que la septuagénaire ne répondait plus aux sollicitations, y compris lors de passages à son domicile. D’autres courriers familiaux suivaient en octobre 2025.

Le communiqué précisait qu’aucun signalement n’avait été enregistré au parquet à la suite de ces courriers. 

Trois personnes placées en garde à vue 

Au vu de l’ensemble de ces éléments, le parquet ouvrait une information judiciaire criminelle des chefs de meurtre, séquestration et escroquerie en bande organisée. 

Les deux fils de la victime et la compagne de l’un d’eux étaient alors placés en garde à vue.

Le plus jeune des fils faisait usage de son droit au silence.

Le fils aîné et sa compagne déclaraient que Liliane Coinchelin aurait été séquestrée pendant plusieurs mois au domicile de son fils, enfermée dans sa chambre, sans soin et avec peu de nourriture. Ils affirmaient aussi qu’elle était surveillée en permanence par une caméra reliée aux téléphones de ses deux fils et qu’un dispositif de glace sans tain avait été installé.

Selon leurs déclarations, corroborées en partie par la perquisition, la victime aurait subi ces faits entre octobre 2022 et fin janvier 2023.

Des recherches pour retrouver le corps 

Le fils aîné déclarait également que l’état de santé de sa mère s’était fortement dégradé, jusqu’à atteindre 30 kilogrammes. Il affirmait avoir assisté à son décès par le biais de la vidéo de surveillance et disait avoir vu son frère la secouer juste avant sa mort.

Toujours selon le communiqué, le corps aurait d’abord été entreposé dans un garage avant d’être enterré dans un bois identifié par le mis en cause. 

Des fouilles avaient aussi été réalisées dans le jardin du pavillon où vivait la victime afin de tenter de retrouver son corps.

L’enquête devait encore se poursuivre pour vérifier les déclarations des mis en examen, rechercher le corps, entendre des témoins, mener des analyses techniques et scientifiques et réaliser des vérifications bancaires. 

Trois mises en examen et une détention provisoire requise 

Le parquet estimait que les trois mis en examen, unis par des liens familiaux étroits, s’étaient concertés pendant plusieurs années pour dissimuler la séquestration, les conditions de vie imposées à la victime, son décès puis l’utilisation continue de ses comptes bancaires.

Selon le communiqué, ils auraient soutenu une version commune auprès des services tutélaires, bancaires, du voisinage, des commerçants puis des policiers, allant jusqu’à affirmer en janvier 2026 que la victime était encore vivante et qu’elle avait passé les fêtes de Noël avec eux.

À l’issue de leur garde à vue, les trois personnes étaient présentées au magistrat instructeur.

Le plus jeune des fils était mis en examen pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort, séquestration en bande organisée, escroquerie en bande organisée et atteinte à la dignité d’un cadavre. 

Le fils aîné et sa compagne étaient mis en examen pour complicité d’actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort, séquestration en bande organisée et escroquerie en bande organisée.

Leur placement en détention provisoire était requis. Âgés de 39, 40 et 45 ans, ils étaient jusqu’ici inconnus de la justice.

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