Odeurs sur la Moselotte : l’association interpelle, la mairie relance les investigations

Odeurs sur la Moselotte : l’association interpelle, la mairie relance les investigations

Publié le Lundi 26 Janvier 2026

Après un communiqué de La Bresse Environnement appelant à une enquête plus large sur les odeurs de la Moselotte, la mairie de La Bresse annonce une nouvelle phase d’investigations pour tenter d’en comprendre l’origine.

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Depuis de nombreux mois, des habitants riverains de la Moselotte à La Bresse signalent des odeurs persistantes, parfois très intenses, qui dégradent leur cadre de vie. Ces nuisances, décrites comme récurrentes et durables, ont conduit l’association La Bresse Environnement à publier un communiqué le 25 janvier 2026, appelant à une enquête plus large et plus transparente. Le lendemain, la mairie de La Bresse a répondu en détaillant les actions engagées et les nouvelles investigations validées.

L’association demande une enquête ouverte et élargie 

Dans son communiqué, La Bresse Environnement estime que les analyses menées jusqu’à présent ne suffisent pas à expliquer l’origine des odeurs. L’association rappelle que les documents déjà rendus publics font état de la présence de composés soufrés, de composés organiques volatils et de sulfates dans certains sédiments, sans que l’origine précise de ces substances, leur évolution dans le temps ou leurs interactions ne soient clairement établies.

Selon l’association, les conclusions rassurantes évoquant l’absence de risque sanitaire immédiat ne peuvent pas clore le dossier. Elle considère que des constats existent, mais que les explications restent partielles. Dans ce contexte, La Bresse Environnement juge indispensable de poursuivre et d’élargir les investigations, sans exclure aucune hypothèse.

L’association appelle également à une implication pleine et entière des services de l’État, rappelant que la protection de la santé publique relève de compétences partagées, notamment avec l’Agence régionale de santé et la Préfecture. Elle demande la poursuite d’analyses environnementales sur le long terme, la transparence totale sur les protocoles et les résultats, ainsi que la communication rapide de l’ensemble des documents administratifs liés à ce dossier.

La réponse de la mairie et le rappel des études déjà menées

Ce lundi 26 janvier 2026, la mairie de La Bresse a organisé une réunion de travail avec des acteurs institutionnels et des experts déjà impliqués sur le sujet. L’objectif était de faire le point sur les odeurs perçues à proximité de la Moselotte et de définir les prochaines étapes. 

La municipalité rappelle qu’une première étude, menée en septembre 2022 par ATMO Grand Est en collaboration avec le cabinet OSMANTHE, avait permis de caractériser les odeurs et d’identifier une zone critique entre les sociétés SNM Alu Industrie et Chalets Poirot. Cette étude avait mis en évidence une forte présence de composés soufrés dans l’air ambiant et dans l’eau de la Moselotte, avec des intensités maximales observées de part et d’autre de la rivière. Elle avait conclu à l’absence de lien direct avec les réseaux d’assainissement ou les activités industrielles actuelles, tout en évoquant des hypothèses de pollution historique des sols, liées à l’ancienne usine de tissage ou aux remblais utilisés lors de la déviation de la rivière dans les années 1970.

En 2024, une seconde étude confiée à SEMACO Environnement a approfondi les analyses sur les eaux, les sédiments et l’air. Les résultats ont confirmé l’absence de pollution dans les eaux souterraines et superficielles, mais ont révélé la présence d’hydrocarbures et de sulfates dans les sédiments, plus concentrés en aval. Dans l’air, certains composés ont été détectés, dont le N,N-Diméthylacetamide, sans lien clairement établi avec les odeurs signalées. 

De nouvelles investigations validées

À l’issue de la réunion, une nouvelle phase d’investigations a été validée afin d’affiner le diagnostic. Elle prévoit un diagnostic du canal usinier à l’aide d’un drone pour détecter d’éventuelles sources de pollution comme des fissures ou des coulures. Des sondages seront réalisés dans le remblai de l’ancien lit de la Moselotte et à proximité de points sensibles, afin de vérifier la présence de déchets ou de matériaux polluants.

Des analyses complémentaires sont également prévues, incluant la recherche de PFAS et des tests écotoxicologiques en amont et en aval du site industriel. Des prestations optionnelles pourraient compléter ce dispositif, notamment pour permettre des analyses sur le long terme.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

La commune de La Bresse indique poursuivre ces investigations en lien avec la DREAL Grand Est, l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, le BRGM et la DDT des Vosges. Les partenaires institutionnels, dont la Préfecture, l’ARS, la Région Grand Est et l’ADEME, seront sollicités pour mobiliser des financements publics, avec le rappel du principe du pollueur-payeur si une pollution industrielle était avérée. 

De son côté, l’association La Bresse Environnement affirme rester pleinement mobilisée tant que toute la lumière ne sera pas faite sur l’origine des odeurs et leurs conséquences potentielles pour les habitants.

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