L'association SOS Massif des Vosges interpelle le jury du festival de Gérardmer

Publié le Vendredi 31 Janvier 2020

Dans un courrier envoyé ce vendredi à la presse, l'association SOS Massif des Vosges interpelle les artistes, réalisateurs, comédiens, membres des jurys du festival du film fantastique de Gérardmer.

 

Ces derniers étaient en effet appelés à participer ce jeudi à la traditionnelle séance photo (photocall) au pied des pistes de la station de la Mauselaine à Gérardmer enneigées à l'aide de camions à grands frais, financiers et environnementaux d'après l'association.

Extrait : "Savez-vous que depuis quelques jours, des dizaines de camions de fort tonnage et des pelles mécaniques ont été mobilisés pour aller chercher des tonnes de neiges à plusieurs kilomètres sur les crêtes vosgiennes et les ramener sur les pistes de ski de la station de la Mauselaine."

"Combien de milliers de litres de carburant ont été brûlés, combien de tonnes de CO2 ont-elles été émises ? Et cela pour qui, pour quoi ? Pour que vous puissiez pendant quelques minutes, devant quelques photographes, glisser sur quelques m2 de neige !"

Complices de ces "pratiques déplorables prenant prétexte de votre (leur) présence et réalisées à votre (leur) insu",   SOS Massif des Vosges appelle les membres du jury à exprimer leur désaveu. 

N. Brédard

Photo : le jury du festival du film fantastique international de Gérardmer 2020 sur le front de neige le jeudi 30 janvier 2020.

Retrouvez ci-dessous l'intégralité du communiqué de l'association SOS Massif des Vosges.

Adresse à Mesdames et Messieurs les artistes, réalisateurs, comédiens, membres des jurys du festival de Cinéma de Gérardmer.

Savez-vous que depuis quelques jours, des dizaines de camions de fort tonnage et des pelles mécaniques ont été mobilisés pour aller chercher des tonnes de neiges à plusieurs kilomètres sur les crêtes vosgiennes et les ramener sur les pistes de ski de la station de la Mauselaine.

Nous supposons que vous l’ignorez...

Savez-vous qu’il ne fait plus guère de doute qu’un processus de réchauffement climatique est à l’œuvre sur notre Terre ?

Nous sommes certains que vous en êtes conscients et informés...

Cette noria insensée, organisée dans le seul but de satisfaire on ne sait quel caprice réel ou supposé des VIP présents à Gérardmer, est un scandale dont les coûts environnementaux et financiers sont démesurés.

Combien de milliers de litres de carburant ont été brûlés, combien de tonnes de CO2 ont-elles été émises ? Et cela pour qui, pour quoi ? Pour que vous puissiez pendant quelques minutes, devant quelques photographes, glisser sur quelques m2 de neige !

Ceux-là mêmes qui organisent cette débauche irresponsable, sont ceux qui tentent de nous convaincre des efforts qu’ils font pour la planète et l’environnement, en remplaçant dans les réceptions et divers pinces- fesses les touillettes en plastique par leurs petites sœurs en bois !

L’industrie du cinéma elle-même s’interroge sur l’impact environnemental de son activité et tente d’adopter des pratiques plus responsables.

Faudra-t-il dans les Vosges continuer à entretenir à prix d’or, l’illusion d’une montagne rêvée, terrain de jeu de quelques uns ? Faut-il contre toute évidence et au mépris de la nature, poursuivre la fuite en avant ?

Accepterez-vous d’être considérés comme des individus frivoles, dont il faudrait coûte que coûte exaucer les désirs les plus futiles ?

Êtes-vous prêts à ignorer les coulisses et la part d’ombre des manifestations auxquelles vous participez et leurs dérives ?

Nous sommes certains que non.

Nous ne doutons pas que cela vous révolte, et nous vous remercions, pour nous mêmes et pour les enfants de cette terre, d’exprimer de la manière qu’il vous plaira, votre désaveu de ces pratiques déplorables prenant prétexte de votre présence et réalisées à votre insu.

Nous comptons sur vous.

Nous vous adressons, Mesdames et Messieurs les artistes, notre salut fraternel.

SOS Massif des Vosges

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1 Commentaire

L’Echo du Lac
publié le 01/02/20 à 20h00
Pour avoir travaillé plusieurs années dans un bureau avec vue sur la route entre Gerardmer et La Schlucht, je peux attester de ces aller-venues multiquotidiennes qui enneigent à grand renfort de gasoil. Tout cela ne se limite pas à la période du festival, qui n’en est en rien responsable à mon avis.