Les cheminots à l'arrêt : le trafic ferroviaire perturbé ce vendredi

Publié le Vendredi 18 Octobre 2019

Depuis ce vendredi matin, une partie des cheminots de la SNCF ont fait valoir leur droit de retrait suite à un accident sur le réseau survenu mercredi dans les Ardennes.

 

Le trafic est fortement perturbé, partout en France et notamment dans le Grand Est, la SNCF invite  "les voyageurs qui le peuvent à reporter leur voyage ou à utiliser les moyens de transport alternatifs"  tout en dénonçant "un grève sans préavis" et "irrégulière" dans un communiqué sorti en milieu de matinée.

Mercredi dernier, un train avec 70 passagers à son bord a percuté un convoi exceptionnel sur un passage à niveau dans les Ardennes à Saint-Pierre-sur-Vence. Seul agent SNCF à l'intérieur du train, le conducteur, blessé, a dû gérer la situation. Estimant être en danger, une partie des cheminots se sont mis en gréve sans préavis ce vendredi (communiqué de presse de la CGT cheminots ci-dessous).

"Les motifs indiqués ne justifient d’aucune manière un arrêt sans préavis et irrégulier du travail. Il n’y a aucun danger grave et imminent dans la circulation des trains" répond la direction de la SNCF qui a cependant lancé ce vendredi matin une concertation territoriale dans chacune des régions pour aborder l’ensemble des questions de sécurité et de sûreté posées par les conducteurs.

Rappelons que la situation était déjà particulièrement tendue avant cet accident avec une récente série d'agressions verbales ou physiques contre des agents SNCF et la mise en place d'une nouvelle procédure de départ des trains devant s’appliquer à partir du 15 décembre en lien la réglementation européenne.

COMMUNIQUE DE PRESSE  DE LA CGT CHEMINOTS DE LORRAIN

Exercice du droit de retrait des conducteurs et des contrôleurs SNCF de Lorraine, pourquoi ?

Une collision s’est produite entre un train de voyageurs et un camion à un passage à niveau ce mercredi en Champagne Ardennes faisant 11 blessés dont le conducteur du train. Malgré son état physique et psychologique, seul à bord, le conducteur a effectué les opérations de protection des usagers pour les mettre hors de danger et d’éviter un suraccident qui aurait conduit à la catastrophe.

Malgré ses blessures, le conducteur a réalisé les fondements de sécurité et de sûreté de son métier.

Malheureusement, ce genre d’accident est de plus en plus fréquent et risque de l’être encore plus si la direction ne remet pas en place les moyens humain et financier qu’elle avait elle-même retiré conduisant à cette situation à risques. En raison de coupes budgétaires de l’Etat envers les Conseils Régionaux, l’entreprise publique SNCF a décidé de faire circuler des trains sans contrôleur sans prendre en compte les risques encourus par les Usagers et les agents SNCF.

Les contrôleurs ont un rôle primordial dans la chaine de sécurité des circulations et de sûreté envers les usagers.

Cet accident est l’accident de trop qui a amené les conducteurs et les contrôleurs à exercer leur droit de retrait pour mise en danger grave et imminent des Usagers et des cheminots.
Il ne s’agit pas d’une grève inopinée. Le déploiement à marche forcée de l’équipement à agent seul montre que le risque n’est pas calculé mais uniquement évalué sur l’angle d’une vision financière.
L’effectif de contrôleurs est devenu la variable d’ajustement économique.

Pour la CGT, le service public n’est pas compatible avec la rentabilité financière.
En situation perturbée, l’agent de conduite se retrouve seul à devoir assumer ses responsabilités et celles qui incombent au contrôleur. (Protection du train, des voyageurs, aide aux blessés…)
Si la circulation des trains est perturbée, c’est de la seule responsabilité de la direction de l’entreprise.  Elle refuse de répondre aux inquiétudes des cheminots et elle explique calmement que ces nouveaux dispositifs ne posent de difficultés qu’en cas de problème ! Pour la CGT, les négociations engagées sous la pression du rapport de force, devront aboutir à l’engagement concret de redéfinir le plan de transport et l’équipement des trains.

Dès aujourd’hui, le secteur fédéral CGT des Cheminots de Lorraine demande à ce que le Conseil Régional Grand Est, à qui appartient la compétence décisionnelle d’équipement des trains régionaux, nous reçoive et qu’il entende nos revendications et force la direction d’entreprise à les appliquer.

Une SNCF qui oublie de mettre comme priorité la sécurité ferroviaire est une SNCF sans avenir, en déni avec les valeurs du service public dont a besoin la population !

Metz le 18 octobre à 13h / CGT cheminots secteur Lorraine

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