Concert à Epinal : la Préfecture réagit

Publié le Jeudi 11 Mars 2021

La Préfecture réagit dans un communiqué suite au rassemblement ce mercredi après-midi sur la place de la Chipotte à Epinal. Organisé à l'initiative du collectif réseau d'êtres et des membres des marches fleuries et citoyennes, l'évenement a réuni entre 200 et 300 personnes venues montrer leur solidarité en cette période très difficile pour les acteurs du monde culturel. 

Annoncé comme un rassemblement autorisé par les services de la préfecture, le Prefet apporte des précisions dans un communiqué ce jeudi et parle "d'un concert non déclaré". 

"Déclarée comme devant être une manifestation statique regroupant au maximum 150 personnes, avec strict respect des gestes barrières, dont la distanciation physique et le port du masque et sans installation ; l’organisation de ce concert, manifestement délibérée et anticipée, regroupant plusieurs centaines de personnes (300 selon la presse) était donc illégale. Les organisateurs ayant volontairement détourné les conditions dérogatoires prévues par le décret afin d’organiser une manifestation illicite."

Une interdiction par arrêté préfectoral pour le 14 mars

Dans le communiqué, il est également précisé que : 

Les manifestations d’ores-et-déjà déclarées par ce collectif et tous ses membres, et notamment celle du 14 mars prochain, feront l’objet d’une interdiction par arrêté préfectoral compte tenu du trouble à l’ordre public occasionné et de la mise en danger des participants et des riverains.

Le communiqué complet : 

Concert non déclaré à Épinal et ses conséquences

Ce mercredi 10 mars après-midi, un concert a été organisé par un collectif de citoyens militant pour la réouverture des lieux de convivialité et de culture sans autorisation préfectorale préalable.
Déclarée comme devant être une manifestation statique regroupant au maximum 150 personnes, avec strict respect des gestes barrières, dont la distanciation physique et le port du masque et sans installation ; l’organisation de ce concert, manifestement délibérée et anticipée, regroupant plusieurs centaines de personnes (300 selon la presse) était donc illégale. Les organisateurs ayant volontairement détourné les conditions dérogatoires prévues par le décret afin d’organiser une manifestation illicite.

Pour rappel, la préfecture ne délivre pas d’autorisation de manifester, puisqu’il s’agit d’un droit constitutionnel ; seule la délivrance d’un récépissé est produite dès lors que les éléments fournis lors de la déclaration sont conformes aux réglementations en vigueur et ne sont pas de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics ; le cas échéant un arrêté préfectoral peut être pris pour l’interdire.  Force est de constater que le port du masque n’a pas été respecté par tous, tout comme la distanciation physique de plus d’un mètre entre les personnes alors que les organisateurs s’étaient pourtant engagés à faire respecter ces mesures dans le rassemblement initialement déclaré.

La responsabilité des organisateurs, convoqués ce jour à la préfecture des Vosges, pourra être engagée pour mise en danger de la vie d’autrui, non-respect des gestes barrières et fausse déclaration. Un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale a été fait ce jour auprès du Procureur de la République.
Rappelons, que compte tenu du contexte sanitaire actuel, tous rassemblements de plus de six personnes sur la voie publique sont interdits à l’exception des manifestations revendicatives déclarées.
On parle de manifestation à caractère revendicatif, lorsqu’il s’agit d’une réunion organisée sur la voie publique, dans le but d’exprimer une conviction collective. À la différence, par exemple, des manifestations sportives ou culturelles qui n’expriment ni opinion ni revendication et qui mobilisent une organisation spécifique comme ce fût le cas pour ce rassemblement.

Les manifestations d’ores-et-déjà déclarées par ce collectif et tous ses membres, et notamment celle du 14 mars prochain, feront l’objet d’une interdiction par arrêté préfectoral compte tenu du trouble à l’ordre public occasionné et de la mise en danger des participants et des riverains.

Après plusieurs semaines consécutives de baisse, le taux d’incidence est de nouveau à la hausse dans les Vosges en raison de la progression continue des variants. C’est pourquoi, collectivement nous devons poursuivre nos efforts et redoubler de vigilance dans cette situation très fluctuante et éminemment fragile où le moindre relâchement a des effets négatifs conséquents.

Le respect des gestes barrières s’applique à tous et en toutes circonstances. C’est en continuant à
respecter les gestes barrières, à nous faire tester et à nous faire vacciner que nous retrouverons une qualité de vie à laquelle nous sommes toutes et tous très attachés.

Laissez nous un commentaire

1 Commentaire

Antoine Deltour
publié le 11/03/21 à 19h33
Le communiqué de la préfecture est une ineptie ! Il accuse les organisateurs d’avoir camouflé un concert de 300 personnes derrière une manifestation de 150, comme si :
1) c’était possible de prévoir le nombre de participants (111 déclarés sur Facebook !),
2) les chansons de HK et les prises de paroles ne portaient aucun contenu revendicatif,
3) cet événement n’avait pas permis la médiatisation de « convictions collectives ».

Il faut également rappeler que les consignes sanitaires ont été rappelées aux participants. Mais les organisateurs n’ont pas de moyens de coercition pour en imposer le respect, contrairement aux forces de l’ordre présentes qui, sous l’autorité du préfet, n’ont rien fait.

Enfin, c’est complètement exagéré de parler de mise en danger de la vie d’autrui. Cela implique un risque immédiat de mort ou de mutilation. La préfecture peut-elle citer un seul cas de mort subite due au Covid ?

La stratégie adoptée par la préfecture relève d’une intimidation totalement dénuée de fondement dans le but de dissuader un mouvement citoyen légitime. Un recours contre l’interdiction de la marche fleurie de dimanche serait assurément victorieux. Des fleurs ou des marcheurs peuvent-ils vraiment "troubler l’ordre public" ?