[DOSSIER] Norroy-sur-Vair : une vidéo choc d'un élevage de porcs dans les Vosges

Publié le Mercredi 12 Décembre 2018

 

Une vidéo postée par Direct Action Everywhere circule sur les réseaux sociaux, des images filmées par des activistes protecteurs des animaux. Ils se sont introduits dans l'élevage de porcs Multipig SCEA installé dans les Vosges à Norroy-sur-Vair près de Vittel.

On y voit des cochons morts entassés dans des bennes, des animaux mutilés avec des plaies ouvertes, certains arrivant vers la caméra en boîtant au milieu de leurs congénères.

Quelle est la véracité de ces images qui posent le problème des conditions d'élevage ? Nous avons joint les différentes parties de ce dossier.

 

Du point de vue de l'association

Les activistes de l'association disent s'être infiltrés à l'aube le 8 décembre dans les locaux de Multipig SCEA, suite à des informations recueillies localement. Dans un des bâtiments, les militants ont filmé des animaux morts entreposés dans trois bennes dont une réservée pour les porcelets. Dans cette grosse porcherie, ils ont également vu des cochons blessés, souffrant de morsures à vif aux queues.

Les services vétérinaires 

Les services vétérinaires vosgiens, par la voix du directeur Stéphane Pottier, vétérinaire qui connaît bien cet élevage, ont tenu à démentir les allégations  de maltraitance relayées par cette vidéo. En rappelant notamment qu'il n'y avait rien de choquant dans ces images. Il y a selon le directeur de la DDSV (direction départementale des services vétérinaires), un taux de mortalité normal dans tout élevage de porcs.  « C'est la nature » explique Stéphane Pottier.

Les carcasses sont stockées dans des bennes, conformément à la loi, en attente de partir pour l'équarrissage.

Pour les animaux blessés, c'est un problème récurrent dans les élevages porcins intensifs et extensifs, ils développent une agressivité et se mordent la queue. Mais la société tente de remédier au problème en ayant recours notamment aux soins d'un vétérinaire.

L'élevage Multipig est classé ICPN au titre de la protection de l'environnement et fait l'objet de contrôles tri-annuels mais aussi inopinés. Et la DDSV de conclure, il y a, avec cette vidéo, une intention de nuire à l'éleveur. Les images ont été volées de nuit, les animaux réveillés sont allés naturellement vers les activistes qui par ailleurs ont pris des risques bio-sanitaires pour eux et pour les animaux en pénétrant dans les locaux sans protections appropriées.

 La maire du village

La maire du village Annette Marchal a été choquée par la vidéo. Elle tient à préciser que l'élevage ne fait pas l'unanimité, loin de là, auprès des élus locaux. Maires et député s'étaient opposés à un projet d'extension de la société, pour cause de nuisances olfactives, en 2011 entraînant avec eux avec une forte mobilisation des habitants. Un projet toutefois validé par arrêté préfectoral qui a été confirmé avec quelques prescriptions supplémentaires demandées à l'éleveur. Par ailleurs, Multipig SCEA semble avoir aujourd'hui engagé des travaux avec un permis de construire obsolète. Annette Marchal entend en avertir l'association des maires et regrette l'état d'esprit du dirigeant peu enclin à écouter ses remarques et celles des riverains incommodés par les odeurs. Elle a même dû subir des insultes de sa part.

 Le dirigeant de Multipig SCEA 

Le dirigeant de Multipig SCEA, Nicolas Marfort, lui, a décidé de porter plainte contre les militants de l'association « Direct Action Everywhere » pour violation de propriété et s'insurge des images mensongères filmées à son insu. Son entreprise respecte la loi, et il dit pouvoir le prouver par écrit. Un élevage qui compte 500 truies allaitantes et 4 000 porcelets avec une capacité d'élevage de 8 600 cochons équivalents. Faute d'une trésorerie suffisante, le projet d'extension a pris du retard, d'où l'obsolescence du permis de construire. Quant à sa production, elle n'est absolument pas vendue à des boucheries et supermarchés locaux comme dit sur la vidéo, mais intégralement vendue à un abattoir de Bourg-en-Bresse dans l'Ain, où les animaux sont transportés et tués selon les règles en vigueur. L'éleveur se dit victime d'une pression locale.

 

Marie-Danièle Rogovitz

 

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