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EELV, LFI, NPA, PCF demandent aux maires de ne pas rouvrir les écoles

Publié le Dimanche 3 Mai 2020

Dans une tribune commune, 4 partis vosgiens de la gauche de l'échiquier politique - Europe Ecologie Les Verts, La France Insoumise, le Nouveau Parti Anti-capitaliste et le Parti Communiste Français - demandent aux maires du département de ne pas rouvrir les écoles le 11 mai prochain, date annoncée du déconfinement.

 

Comme plusieurs syndicats enseignants, EELV, LFI, NPA et PCF s'inquiètent tout d'abord des risques sanitaires de cette rentrée, pour les élèves et les professeurs, demandant une grande décbauche d'énergie et de moyens cela pour seulement 15 jours effectifs à l'école avant le début des grandes vacances.

Ils auraient souhaité une reprise en septembre comme d'autres pays européens voisins : l'Italie, l'Espagne, une décision plus sage. Les 4 partis vosgiens dénoncent la véritable raison pour eux de cette réouverture : la raison économique : "l’école deviendrait une garderie géante pour que les parents puissent aller travailler" et souhaitent que l'on ne reproduise pas l'erreur des municipales : "Ne faisons pas de nos enfants la première ligne d’une deuxième vague épidémique".

Cette tribune commune est à retrouver ci-dessous.

COMMUNIQUE DEPARTEMENTAL COVID-19 de EELV, LFI, PCF, NPA

Le 28 avril devant le Parlement, le premier ministre a exposé son plan de déconfinement, en mettant en avant la réouverture des écoles à partir du 11 mai. Ce plan est pour nous dangereux à plusieurs titres. A ce jour nous ne connaissons pas tous les modes de contagiosité du Covid-19 et cette décisionnous paraît très risquée.

La gestion hasardeuse, le manque de garantie et d’explications de la part de  l’Etat concernant la sécurité sanitaire de nos enfants ne va pas dans le bon sens et ne nous rassure pas. Nous assistons à une grande méfiance des concitoyens envers la capacité de gestion de cette crise pour aujourd’hui mais aussi pour l’après.

Les décisions prises par le gouvernement se sont faites en dehors de toutes concertations avec les syndicats d’enseignants, sans véritablement s’assurer de l’avis des collectivités locales mais en leurs faisant porter la responsabilité tout en diminuant les budgets.

Quand on regarde les chiffres et en faisant un calcul simple, nous nous apercevons que cela représente 15 jours effectifs par élève jusqu’aux vacances scolaires. Pour les plus sceptiques et en restant pragmatique, pourquoi devrions-nous utiliser autant d’énergie pour un résultat aussi faible.

Notre région et notre département qui est d’ailleurs en « zone rouge » ont été et sont encore fortement touchés par cette épidémie. Ne commettons pas l’erreur d’un déconfinement hâtif. L’Italie et l’Espagne, deux pays aussi touchés que la France ont décidé de reporter la rentrée des classes en septembre, c’est le cas également pour l’Irlande, le Portugal et la Roumanie. Ces pays seraient-ils plus soucieux de la santé de leurs enfants ? Le Japon et la Corée du sud ayant opté pour un déconfinement anticipé sont revenus sur leur décision et finalement sont contraints au reconfinement.

Les élèves allant de la maternelle à la 5ème, c’est-à-dire les âges auxquels un enfant ne peut pas rester seul à la maison sont censés retourner en cours à partir du 11 mai. Nous connaissons la raison profonde de cette rentrée prématurée, il s’agit de la raison économique : Cette décision est dictée exclusivement par la reprise de l’économie, « comme avant », le plus rapidement possible sans tenir compte de la santé de nos enfants, l’école deviendrait une garderie géante pour que les parents puissent aller travailler. L’école n’a pas vocation à servir de base arrière de  l’économie, c’est un lieu d’apprentissage des connaissances et pas une garderie. Nous savons que l’économie ne reprendra pas comme avant et notre modèle économique devra changer.

Souvenons-nous, le 1er tour des élections municipales n’aurait pas dut avoir lieu, nous le savons maintenant, ne réitérons pas les mêmes erreurs avec une reprise des cours prématurée.
Ne faisons pas de nos enfants la première ligne d’une deuxième vague épidémique.

Il va de soi que nous ne sommes, pas plus que le gouvernement, experts en maladies contagieuses et en déconfinement, cette situation est une première pour tous. Par contre, nous sommes soucieux du principe de précaution et de la santé physique et sociale des vosgiennes et vosgiens. Pour nous, la motivation doit être à la fois sociale et pédagogique, une rentrée doit être dans l’intérêt des enfants et non des entreprises c’est le but de cette interpellation.

Nous sommes conscients que dans notre département des inégalités existent en termes d’accès à l’éducation mises un peu plus à jour avec la pandémie. La fracture numérique et le manque de moyens financiers de certaines familles ne permettant pas non plus l’acquisition du savoir dans cette période ne doivent cependant pas précipiter les collectivités locales à prendre des décisions contraires à l’intérêt de l’enfant. L’urgence est plutôt à construire une vraie rentrée pour septembre, rentrée qui prendra en compte et tentera de résoudre les inégalités sociales, numériques et organisationnelles. Une rentrée, ça va de soi sans aucune suppression de classes ou d’écoles sur le département, un recrutement massif du corps enseignant (professeurs, atsem).

En conséquence, nous demandons à tous les Maires des Vosges et au Conseil Départemental de faire preuve de sagesse et de responsabilité en refusant de rouvrir les écoles élémentaires et maternelles le 11 mai (et remettre la rentrée à septembre)

Tribune signée par Sandra Blaise, secrétaire fédérale du PCF, Gilles Billot, représentant départemental d'EELV, Fabrise Pisias, représentant départemental de LFI et Eric Defranould, représentant départemtal du NPA.

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