Ils disent non à la fermeture des commerces de proximité

Publié le Mardi 3 Novembre 2020

Dans les Vosges, comme ailleurs en France, ils sont de plus en plus nombreux à s'opposer publiquement à la fermeture des commerces de proximité. C'est le cas notamment du Conseil Départemental et de l'U2P (l'Union des Entreprises de Proximité).

En effet, lors de la dernière assemblée départementale, les élus se sont unanimement accordés à dire qu'ils souhaiteraient plus d'équité dans le traitement des commerces décidé par l’État, durant ce nouvel épisode de confinement.

« Le Département des Vosges garant de l’équilibre territorial, des solidarités territoriales et sociales
ne souhaite pas de dualité de traitement entre les commerces.  Responsables et mobilisés contre la propagation du virus, il est indispensable de préserver la santé des Français tout en préservant la santé économique de nos commerces de proximité. Aussi dans cette lutte contre la pandémie qui frappe durement économiquement et sanitairement notre Nation, nous demandons solennellement au gouvernement de revenir de façon juste et sérieuse sur l’iniquité de traitement qu’il a créé entre les petits commerces, les plates formes de vente en ligne et les grandes surfaces. » affirme le CD88 dans un communiqué.

Une position adoptée également par l'U2P des Vosges qui avait, il y a quelques jours déjà, fait part de ses inquiétudes au Gouvernement, concernant la concurrence faite aux petits commerces par les grandes surfaces et géants du numériques. C'est ainsi que l’État avait annoncé une première mesure visant à fermer les rayons « non-essentiels » dans les supermarchés. Mais cela ne suffira pas, selon l'U2P, à sauver les commerces de proximité. Pour l'organisme, il faut aller plus loin : « C’est pourquoi, alors que l’examen du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire se poursuit aujourd’hui à l’Assemblée nationale, l’U2P apporte son soutien à l’amendement porté par le Sénateur Philippe Bas et voté par le Sénat. Il vise à ce que le préfet puisse, à titre dérogatoire et lorsque les conditions sanitaires le permettent, autoriser l’ouverture de commerces de vente au détail et de service de proximité. » explique-t-il également dans un communiqué adressé à la presse.

De son côté Michel Heinrich, président de la Communauté d'Agglomération d'Épinal a adressé un courrier au premier Ministre, Jean Castex, pour demander la réouverture des commerces dans les bourgs-centres : « En nos qualités d’élus en proximité de nos territoires, particulièrement préoccupés par la vitalité de nos territoires, nous nous devons de vous interpeller à ce sujet, vous demandant que cette mesure qui constitue au final une véritable distorsion concurrentielle, et qui met en danger nos commerçants et l’équilibre même de nos cœurs de ville et villages, soit revue en urgence. » Un appel signé par une soixantaine d'élus.

Pour Gérardmer Animation, qui regroupe 151 commerces adhérents et 840 emplois dans le bassin gérômois, il est question ici de discrimination. Le collectif, s'il assure comprendre la nécessité de renforcer les mesures sanitaires au regard de l'évolution de l'épidémie, avoue ne pas comprendre la stratégie du Gouvernement : « Bons élèves reconnus du protocole sanitaire lors du premier déconfinement, les commerces ont été soumis à une attention toute particulière et ont veillé scrupuleusement au respect des réglementations qui ne manquaient pas d'évoluer. Nécessitant des investissements parfois lourds pour certaines structures (achats de masques, de gel HA, de parois plexiglas, etc). […] Pour autant, le couperet est tombé sur nos établissements : nous sommes dangereux et non-essentiels : rentrez chez vous, on ferme ! » déplore le président de l'association, Nicolas Rumeau. Une injustice pour celui qui rappelle que les grandes surfaces brassent bien plus de monde que les petits commerces locaux.

Des aides envisagées 

En attendant, pour venir en aide aux commerçants, certains se mobilisent pour réunir des fonds. C'est le cas notamment de la Communauté de Communes de La Porte des Vosges Mériodionales qui a décidé de proposer au conseil communautaire de délibérer prochainement afin d'abonder à hauteur de 50 000 € au dispositif "J’aime mes commerçants"

De la même manière, les représentants de la Ville d'Épinal se sont réunis ce mardi après-midi pour présenter les aides qui seront apportées aux commerçants spinaliens.

Image tirée de nos archives.

Anaïs Gall

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