Justice : une jeune mère de famille devant les Assises des Vosges

Publié le Jeudi 24 Janvier 2019

Après la condamnation d’un sexagénaire mercredi pour viol sur mineurs, un nouveau procès s'est ouvert ce jeudi aux Assises des Vosges. Celui d'une mère de famille, jugée pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sur son fils de 8 mois. 

Hier, la Cour d'Assises des Vosges a condamné Christian Richard à 25 ans de réclusion criminelle, pour des actes de viols et atteinte sexuelle sur mineurs avec récidive, commis entre 2010 et 2011 à Darney. Âgé de 65 ans, l’homme a nié les faits tout au long de son procès. Placé jusqu'alors sous contrôle judiciaire, il a été conduit à la maison d'arrêt. 

Procès d’une jeune mère aux Assises

Ce jeudi un nouveau procès s’ouvrait donc à propos d’une affaire de violence ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner, sur un mineur de moins de 15 ans. Le drame remonte au matin du 15 mai 2013 à Darney, lorsque Magali* et son compagnon ont retrouvé leur fils, âgé de 8 mois décédé dans son berceau. Voilà du moins la version donnée par cette jeune mère de 19 ans qui comparaissait aujourd’hui devant la Cour d’Assises des Vosges. Car après autopsie du corps de l’enfant, il s’avérerait que la cause de la mort soit en fait liée à une hémorragie sous-durale et rétinienne.

L’enquête de personnalité

Ce jeudi en ouverture du procès, le parquet auditionnait donc la personne chargée d’enquête de personnalité, réalisée en 2016. Cette dernière, présente Magali* comme une jeune femme au caractère agressif et à la scolarité difficile. L’accusée a mis fin à ses études en classe de 3ème (section Segpa). Elle a à la même période rencontré son compagnon Thomas*, avec qui elle a d’abord eu une première fille, Sarah*. Le couple vivait grâce au RSA et aux allocations familiales depuis l’arrivée de leur premier enfant. Lorsqu’en 2012 Magali* a appris sa seconde grossesse, elle aurait entamé la démarche d’avortement, avant de se rétracter. Le deuxième enfant du couple, Julien* est né grand prématuré (à 5 mois) dans leur domicile, visiblement insalubre. 

Le rapport des experts

En seconde partie de journée, c’était au tour des experts de présenter leur analyse, au regard du rapport d’autopsie. Pour les deux professionnels auditionnés, pas de doute, la mort de Julien* n’est pas naturelle et serait plutôt due à des mauvais traitements. L’hémorragie sous-durale et rétinienne serait en effet caractéristique du « bébé secoué ». Une théorie que dément fermement la mère.
Le procès se poursuivra demain à la Cour d’Assises où le Parquet auditionnera cette fois Magali* et ses proches, afin de tenter d’élucider les circonstances du drame. Verdict attendu en soirée.

*Les prénoms ont été modifiés.

Anaïs Gall

Image tirée de nos archives

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