Saint-Dié : Amnesty International dément être subventionnée par la Ville

Publié le Lundi 9 Mars 2020

Jeudi dernier nous avons diffusé un débat de 50 minutes entre les trois candidats aux élections municipales de Saint-Dié-des-Vosges. Au cours des échanges avec Geoffrey Mourey de la liste ‘‘Rassemblement pour Saint-Dié’’ (liste soutenue par le Rassemblement national) et à une question de Dominique Renauld portant sur les économies à trouver pour compenser, dans le budget communal, son projet d’allégement de charges fiscales des entreprises afin de renforcer l’attractivité de la ville, Geoffrey Mourey a évoqué « certaines associations politisées que nous ne souhaiterions plus subventionner (…) Ça  peut concerner Amnesty International ».

Cette information a été démentie par Agnès Thiébaut, présidente du groupe Amnesty International de Saint-Dié-des-Vosges. Elle précise dimanche dans un communiqué : « Notre groupe ne reçoit aucune subvention municipale. Les pages 117 à 120 du budget primitif 2020, en ligne sur le site web de la ville, mentionnent 120 subventions accordées à des associations culturelles, sportives, caritatives, etc.. Aucune ligne pour Amnesty International car nous nous autofinançons, grâce en particulier à une grande vente de livres d'occasion annuelle. Cette indépendance financière est obligatoire pour tous les groupes d'Amnesty International dans le monde, tout comme l'impartialité, car elles garantissent notre liberté d'action : nous pouvons révéler les violations des droits humains commises par tous les gouvernements, tous les groupes politiques, toutes les entreprises. Notre association n'est donc pas politisée. Nous luttons pour la solidarité et la justice internationales, pour que chaque individu dans le monde puisse bénéficier de l'ensemble des droits humains énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Pour la défense de ces valeurs, notre organisation a été distinguée du prix Nobel de la paix en 1977. »

Local dans la Maison des syndicats


De façon complémentaire, précisons que les seules recettes du groupe Amnesty International de Saint-Dié-des-Vosges proviennent donc de la vente de livres d’occasion en février, 6 000 euros en moyenne. Selon Agnès Thiébaut, « une somme que nous partageons avec Asil accueil 88, et nous reversons notre part au centre d’accueil Primo Levi de Paris, à l’Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers ainsi qu’à des sections africaines d’Amnesty International ».
La seule aide de la Ville dont bénéficie l’association, c’est une pièce dans la Maison des syndicats, quartier Kellerman, « une pièce dans laquelle nous nous réunissons et qui nous sert de point de collecte des livres d’occasion. Nous louons par ailleurs un garage, en ville, pour stocker les livres invendus ou collectés tout au long de l'année ».

Ludovic Bisilliat (photo Amnesty International Saint-Dié)

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