Sainte Marguerite : le groupe Novares placé en redressement judiciaire

Publié le Mardi 12 Mai 2020

Novares, c'est un équipementier automobile spécialisé dans la fabrication des pièces en plastique. 12 000 salariés dans le monde, 1350 en France dont 139 dans les Vosges à Sainte-Marguerite (chiffres 2017) où 8 millions d'euros avaient été récemment investis dans une nouvelle ligne de peinture innovante. Le site vosgien était d'ailleurs jusqu'ici un maillon essentiel du groupe.

Mais ça, c'était avant le Covid-19 puisque l'entreprise est aujourd'hui, dans la filière automobile, l'une des premières victimes des conséquences économiques de la crise sanitaire et de la chute d'activité. Elle n'aurait pas trouvé à temps un accord avec ses banques et ses actionnaires. Elle a été placée en redressement judiciaire fin avril par le tribunal de commerce de Nanterre, cumulant 400 millions d'euros de dettes alors que le chiffre d'affaire aurait doublé depuis 2012 pour atteindre 1,4 milliards d'euros.

Novares perdrait 4 millions d'euros par jour avec l'arrêt de la quasi-totalité de ses 45 usines dans le monde. L'équipementier aurait estimé à 115 millions d'euros ses besoins pour redémarrer son activité fin mai.

Selon le secrétaire général chimie-énergie Lorraine de la CFDT Emmanuel Benoit que nous avons joint ce mardi matin, "la direction veut faire pression sur l'Etat, qui détient 20% du capital via la BPI (Banque Publique d'Investissement). La production est à l'arrêt, le personnel en chômage partiel. Le groupe se portait bien avant la crise sanitaire, il paraît solide et donc à l'abri d'une liquidation. Ce qu'on regrette par contre, c'est l'absence de communication auprès des salariés, qui ont appris par le CSE et dans la presse spécialisée le 1er mai le redresssemnt judiciaire. Une nouvelle audience doit avoir lieu ce mercredi 13 mai devant le tribunal de commerce de Naterre, nous serons représentés, j'espère qu'on en saura plus..."

Dans les Vosges, Novares emploie donc environ 130 personnes. L'usine produit 5,9 millions de pièces vendues et 2 200 tonnes de matières plastiques transformées par an, notamment sur le modèle 3008 de Peugeot.

La solution privilégiée serait un plan de continuation, mais la société travaillerait en parallèle sur un plan de cession. 5 entreprises seraient déjà intéressées selon le président Pierre Boulet.

Anthony Sap / J-F. Verrier

Laissez nous un commentaire

Aucun commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire