Stéphane Brogniart : « J’ai été obligé de me terrer au fond du bateau »

Publié le Lundi 17 Février 2020

Ce lundi après-midi, cela fait déjà trois nuits et deux jours et demi que l’ultratrailer vosgien devenu aventurier Stéphane Brogniart rame sur l’Atlantique en direction de la Martinique, à 6 000 km de son point de départ aux Canaries. La traversée devrait durer une quarantaine de jours, pour l’heure à une vitesse comprise entre 2,5 et 3 nœuds (3 à 5 km/h).
Une grande aventure qui n'est pourtant qu'une répétition grandeur nature pour le marin vosgien qui dans le cadre de son projet ETARCOS ambitionne de traverser l'océan Pacifique en 2021 !

Extrait de son journal de bord, écrit par lui-même ou ses collaborateurs restés à terre.

« Jean-Pierre Habold et Stéphane Barbet m’avaient prévenu : malgré tous les tests réalisés, les premières heures ne sont pas si simples. ‘‘Ta gueule et rame’’ qu’ils disaient... Gérer le stress de ce nouveau quotidien, pris entre cette solitude soudaine et cette nécessité de garder le contact pour ne pas décrocher, entre ce lien à la terre et cette météo qui m’oblige à rester vigilant en permanence. (…) La fenêtre de départ était vraiment restreinte. Je n’aurais jamais pu partir plus tard sans attendre ensuite plusieurs jours pour avoir de nouvelles conditions favorables. (…) On fait tout sauf le malin, ici, seul face aux éléments. (…) D’autant plus que, depuis le départ, je suis quelque peu brassé. Je dois être vigilant dans mes prises alimentaires. La première n’est d’ailleurs jamais passée. Jamais trop à la fois, mais fréquemment. Je consomme tellement d’énergie sur une journée que je ne peux me permettre une quelconque erreur. (…)

« J’alterne 1 h de rame et 45′ de pause »


« Niveau poste de travail, pour ce début, j’alterne 1 h de rame et 45′ de pause. Ce n’est pas de trop pour comprendre tout ces éléments. Malgré tout cela, à un moment donné complètement inattendu, la magie opère ! Le privilège de l’océan. Pendant 10′, j’aperçois des dauphins nager à côté de moi. Instant magique et tellement privilégié, qu’il en est impossible de retranscrire les émotions que l’on ressent à ce moment là. »

« Ça tabassait fort, j’ai été obligé de me terrer au fond du bateau. »


Dimanche, comme prévu, Stéphane est entré pour quelques jours dans une zone de gros temps. « La mer s’est levée, c’est pas de la tarte. Ça tabassait fort, j’ai été obligé de me terrer au fond du bateau. » D’après Stéphane Barbet, le routeur de l’expédition, il ne pourra que peu ramer jusque mercredi, mais le bateau dérive cependant dans la bonne direction. La carte météo des forces des vagues est flagrante, on aperçoit bien Etarcos dans cette zone violet foncé, indiquant une forte houle. A bord du bateau, Stéphane est confronté à une problématique de batteries, récalcitrantes à se recharger. « Ça m’a pris une bonne partie de la journée. Je vais devoir désaliniser à la main pour le moment. »

Pour suivre son aventure, rendez-vous sur le site Etarcos adventures ou sa page Facebook.

Ludovic Bisilliat et Nicolas Brédard (photo Stéphane Brogniart)

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