Val d'Ajol : une brigade mobile sur la piste du loup

Publié le Mardi 22 Septembre 2020

Une nouvelle attaque de loup sur un veau dans une stabulation aurait eu lieu cette nuit dans le secteur du Val d'Ajol. Un comportement atypique qui inquiète les éleveurs et les autorités.

Entre le 11 août et le 21 septembre, 21 attaques ont été dénombrées (9 dans les Vosges et 12 en Haute-Saône), ayant conduit à la mort de 20 ovins et 15 jeunes bovins. Les professionnels ont pu déterminer qu’il s’agit d’un unique animal notamment grâce aux critères morphologiques aux caractéristiques de prédation.  Pierre Ory, préfet des Vosges et Fabienne Balussou, préfète de Haute-Saône viennent de signer un arrêté conjoint autorisant les éleveurs à effectuer des tirs de défense simple en vue de protéger leurs troupeaux et sollicitant l’intervention de la Brigade Mobile d’Intervention Grands Prédateurs Terrestres qui sera présente sur le territoire concerné des deux départements. Ces agents spécialistes nationaux de la gestion opérationnelle des grands prédateurs vont former les acteurs de terrains et apporter leur soutien à la réalisation des missions de défense des troupeaux.

( Photo du loup identifié depuis 2015 sur la zone de présence permanente de St Amond (54), copyright Office français de la biodiversité.) 

21 attaques imputées à un seul loup

Pour rappel, les départements des Vosges et de la Haute-Saône connaissent depuis le 11 août une série d’attaques attribuée au loup sur des troupeaux ovins et bovins. Ces attaques qui ont débuté dans le secteur de Jussarupt / La Neuveville-devant-Lépanges (88), se sont déplacées à partir du 26 août dans le secteur de Fougerolles (70) et du Val d'Ajol (88). Les observations ont permis de confirmer qu’il s’agit d’un unique animal. Les critères morphologiques et les caractéristiques de prédation permettent de confirmer qu’il s’agit bien d’un loup. L’individu apparaît seul sur les documents visuels disponibles (clichés, vidéos) et il n’est pas possible de préciser son origine à ce stade.

Un comportement hors-normes


Cet animal adopte cependant un comportement atypique :

• attaques sur bovins,
• attaques parfois réalisées dans les bâtiments d’élevage,
• fréquence élevée d’attaques.


À la demande des préfets, les deux directions départementales des territoires sont intervenues dès les premières attaques pour aider à la protection des élevages :

- activation de la possibilité de faire procéder à des tirs d’effarouchement. Dans les Vosges, ces opérations ont été confiées aux lieutenants de louveterie qui ont effectué plusieurs sorties nocturnes mobilisant 2 à 3 binômes chaque nuit. Leur présence sur le terrain a permis d’éviter plusieurs attaques.

En Haute-Saône, ces opérations ont été confiées aux lieutenants de louveterie qui ont effectué plus d’une douzaine d’opérations de nuit. Les chasseurs ont également apporté leur concours pour protéger un élevage ovin exposé.


- mise à disposition du matériel de protection et d’effarouchement aux éleveurs victimes d’attaques ou particulièrement exposés (filets et électrificateurs, dispositifs d’effarouchement sonores et/ou visuels) en mobilisant notamment des crédits d’urgence, à ce jour à hauteur de 17000 €.

Ces mesures sont venues compléter celles mises en place par les éleveurs eux-mêmes (regroupement d’animaux, maintien des troupeaux dans les bâtiments…).

( Photographies du loup identifié depuis 2015 sur la zone de présence permanente de St Amond (54), copyright Office français de la biodiversité.) 

Anne Didier (avec communiqué)

 

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